Photographie culinaire : comment se passe un shooting dans un restaurant ?
Quand on pense à un shooting photo pour un restaurant, on pense forcément d'abord aux plats. C'est une grosse partie du travail, évidemment, mais rarement la seule chose que j'ai envie de photographier.
Un restaurant, c'est aussi un lieu, une lumière, une équipe, des gestes, des détails. Et c'est généralement l'ensemble de ces choses qui m'intéresse quand j'arrive dans un nouveau lieu.
Avant le shooting, on parle
Je commence presque toujours par un appel. C'est beaucoup plus simple pour comprendre ce que le lieu attend réellement des images : une nouvelle carte, du contenu pour les réseaux sociaux, des photos pour un site internet, un lancement, des parutions presse… mais aussi ce qui existe déjà et ce qui manque.
On parle très concrètement de la séance : les plats et boissons à photographier, la salle, la cuisine, l'équipe ou encore la présence éventuelle de modèles.
À partir de là, j'établis le devis et, une fois le projet validé, on commence à préparer le shooting.
Selon les projets, je réalise un moodboard pour définir une direction : lumière, cadrages, couleurs, ambiance générale. J'aime savoir où l'on va sans pour autant prévoir chaque photographie au millimètre, pour garder de la place à ce que je découvre sur place.
Chez Agapes, restaurant étoilé à Toulouse
Trouver le bon moment
Le shooting doit forcément s'adapter au rythme du restaurant. Il peut avoir lieu le matin avant le service ou l'après-midi entre deux services, selon l'organisation de l'équipe.
Personnellement, je préfère travailler lorsque le restaurant est vide. En plein service, l'équipe a autre chose à faire que de contourner mon matériel et j'ai besoin de pouvoir me déplacer et prendre le temps de construire certaines images.
L'objectif est simplement de trouver le moment qui perturbera le moins possible le fonctionnement du lieu.
Pas seulement des photos de plats
Même lorsqu'on m'appelle principalement pour renouveler les photos d'une carte, j'aime repartir avec autre chose : quelques portraits de l'équipe, quelqu'un en train de dresser une assiette, un geste en cuisine, la salle, une enseigne ou simplement un détail qui attire mon attention.
Ces images apportent de la variété, mais permettent surtout de montrer ce qu'il y a derrière le restaurant.
Quand j'arrive dans un nouveau lieu, j'essaie donc de comprendre ce qui lui est particulier : sa lumière, ses couleurs, sa décoration, la présentation des plats, son ambiance.
Je ne vois pas vraiment l'intérêt de photographier de la même manière un bar assez sombre, un restaurant gastronomique minimaliste et une adresse pleine de couleurs. La photographie culinaire doit évidemment donner envie de manger ce qu'il y a dans l'assiette, mais dans une série complète, j'aime surtout qu'on puisse comprendre où l'on est.
Et après ?
Après le shooting, je réalise une première sélection et j'envoie une galerie au client pour qu'il puisse choisir les photographies prévues ensemble.
Je passe ensuite à la post-production : colorimétrie, lumière et retouches lorsque c'est nécessaire, avant de livrer la série finale.
L'objectif est d'avoir des images suffisamment variées pour fonctionner ensemble sur un site internet, les réseaux sociaux ou différents supports de communication, sans donner l'impression de voir vingt fois la même photo.
Un shooting en images
Il y a quelque temps, une équipe de TF1 m'a suivie pendant un shooting au restaurant toulousain Avitar pour présenter mon métier de photographe culinaire. Une autre façon de voir concrètement à quoi ressemble une séance !
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